Devenir des prothèses totales de cheville à court et moyen terme : le point de vue radiologique

 

19 juil. 2013 JIM Actualités médicales

L’arthroplastie totale de cheville (ATC) connaît des indications croissantes face à l’arthrodèse dont les inconvénients sont bien connus. Face à une arthrose de cheville évoluée et invalidante, il n’est pas possible de rester passif, et le choix entre les deux techniques n’est pas aisé. La plupart des études publiées ont trait aux considérations du chirurgien sur le devenir de l’ATC, alors que l’avis du radiologue n’est pas sans intérêt, ne serait ce que pour améliorer la prise en charge de ces prothèses.

Une étude de cohorte rétrospective s’est penchée sur les résultats de la surveillance radiologique chez 260 patients (dont 55 % de sexe féminin, âge moyen de 61,5 ans) qui avaient bénéficié d’une prothèse totale de cheville (n = 262). L’objectif a été double : décrire les anomalies mises en évidence et établir une corrélation entre celles-ci et la clinique. L’analyse statistique des données a reposé sur le test exact de Fisher et sur les courbes de survie établies selon la méthode de Kaplan-Meier.

La durée moyenne du suivi a été de 142 semaines et le nombre moyen de radiographies standards de cheville a été de six. Celles-ci ont été revues systématiquement et indépendamment de la lecture initiale. Au total, au moins une complication radiologique a été décelée chez 163 patients (ce qui correspond à 62,2 % des ATC implantées). Leur détail est le suivant : (1) ostéopénie périprothétique (34,0 %) ; (2) affaissement du matériel (24,4 %) ; (3) fracture périprothétique (11,1 %) ; (4) descellement syndesmotique du matériel (10,3 %) ; (5) fracture de l’implant lui-même (6,5 %).

Au total, 119 patients (45,4 % des ATC implantées) ont développé des symptômes à type de douleurs et d’instabilité de la cheville et 71 d’entre eux (27,1 % des ATC) ont dû subir au moins une réintervention. En cas d’apparition d’anomalies radiographiques, des douleurs ou une instabilité de la hanche ont été observées chez respectivement 41, 7 % et 5,1 % des patients et une reprise chirurgicale a été nécessaire dans 1/3 des cas versus 23,7 %, 2,2 % et 17,1 % en l’absence de telles anomalies (p < 0,05 dans les trois cas de figure).

En bref, dans les suites de l’implantation d’une ATC, la survenue d’anomalies radiographiques est une éventualité fréquente qui n’est pas anodine. En effet, ces dernières semblent être étroitement corrélées à la survenue d’une complication post-opératoire et au pronostic fonctionnel. Cette observation, même si elle émane d’une étude rétrospective, souligne l’importance du suivi radiographique régulier et la connaissance de la sémiologie radiologique sous-jacente.