Les études au long cours sur les facteurs de risque d’arthrose de la cheville dans les suites d’une fracture malléolaire sont peu nombreuses. Voici les résultats d’une étude de cohorte rétrospective suisse qui a inclus 373 patients consécutifs traités par réduction-fixation interne pour une fracture malléolaire entre janvier 1988 et décembre 1997. Une évaluation clinique et radiologique a été réalisée entre 12 et 22 ans après l’intervention. L’âge moyen au moment de la prise en charge de la fracture était de 42,9 ans. Sur les 102 patients qui ont pu être suivis (après une durée moyenne de 17,9 ans) 37 présentaient une arthrose radiographique évoluée de la cheville, soit 36,3 % : 28 étaient au stade 3 de Kellgren-Lawrence et 9 au stade 4. Les facteurs de risque significatifs d’arthrose de cheville étaient : une fracture de type Weber C (fracture au-dessus de la syndesmose péronéo-tibiale, instable), une fracture malléolaire interne associée, une fracture-luxation, un indice de masse corporelle élevé, un âge supérieur à 30 ans et la durée écoulée depuis l’intervention. La présence d’une arthrose radiographique évoluée était fréquente entre 12 et 22 ans après la fracture malléolaire et la probabilité d’arthrose post-traumatique chez les patients présentant 3 facteurs de risque ou davantage était de 60 à 70 %.

Anne Lübbeke1, Davide Salvo1, Richard Stern1, Pierre Hoffmeyer1, Nicolas Holzer1 and Mathieu Assal1

1 Division of Orthopaedics and Trauma Surgery, Geneva University Hospitals, 4, rue Gabrielle-Perret-Gentil, 1211 Geneva, Switzerland.

Publié le 1 février 2012