The prospective association between psychological distress and disease activity in rheumatoid arthritis: a multilevel regression analysis.
Overman CL et coll.

Ann Rheum Dis 2012;71:192-7

Des facteurs psychologiques de type anxiété et dépression sont fréquemment observés au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR) ; l’anxiété apparaît ainsi 2 à 4 fois plus fréquente au cours de la PR que dans la population générale. Quant aux symptômes dépressifs, ceux-ci sont observés en moyenne chez près de 10 à 20% des patients et même dans certaines études jusqu’à plus de 40% des patients.

Ces facteurs psychologiques sont susceptibles d’être étroitement associés à l’activité de la maladie : facteurs psychologiques capables d’affecter le système immunitaire, endocrinien et le système nerveux central (conduisant notamment à l’augmentation de la production de cytokines pro-inflammatoires). L’anxiété et la dépression peuvent indirectement favoriser le recours au tabagisme, à de moindres activités physiques…
On pourrait même y associer l’interférence potentielle avec l’évaluation même de la maladie par des critères composites de type DAS (évaluation globale par le patient, évaluation du nombre d’articulations douloureuses).

On peut ainsi imaginer que certains facteurs psychologiques participent à l’augmentation de l’activité de la maladie ; ce qui peut être à l’origine d’un véritable cercle vicieux puisque l’augmentation de l’activité de la maladie sera elle-même susceptible de générer ou de majorer les facteurs psychologiques comme l’anxiété et surtout la dépression.
Pour autant, les travaux de la littérature ne confirment pas actuellement l’association formelle entre l’activité et la survenue de poussées de la maladie et certains facteurs de stress psychologique.

C’est tout l’intérêt de cette étude prospective conduite à partir de la cohorte dite d’Utrecht. Il s’agit de 545 PR débutantes incluses entre 1990 et 2002 et qui ont fait l’objet d’un suivi prospectif systématique de 5 ans.
Les facteurs psychologiques ont été évalués par questionnaire à l’inclusion, puis chaque année pendant 5 ans (échelle d’anxiété à 10 items avec score de 10 à 40 et anxiété retenue pour les scores > 23 et une échelle de dépression à 6 items avec cotation de 0 à 24 avec score significatif si > 6).
L’activité clinique et biologique de la maladie a été évaluée tous les 6 mois notamment par l’index de Thompson (score articulaire pondéré de 0 à 534) et le dosage de la vitesse de sédimentation.

Au total, près de 8 patients sur 10 vont remplir au moins 60% des 34 évaluations psychologiques et cliniques. Les auteurs constatent tout d’abord dans le temps une diminution à la fois de l’activité de la maladie et des facteurs d’anxiété et de dépression ; diminution plus importante au cours de la 1ère année de traitement.
A signaler à l’inclusion la présence d’une humeur dépressive chez 45% des malades et d’une anxiété anormale chez 36% des patients.
Les auteurs vont alors recourir à un modèle statistique de régression logistique. Ils vont étudier soit les facteurs psychologiques, soit l’activité de la maladie et le retentissement sur l’autre type de facteurs à 6 mois.

Au final, on retiendra notamment l’association entre un score de Thompson élevé et à 6 mois une majoration des symptômes psychologiques. A l’inverse, l’étude prospective montre que l’existence de symptômes dépressifs est significativement associée avec une activité plus importante de la maladie à 6 mois (p < 0,04).

Publié le : 23 mars 2012