Le crissement tendineux, décrit dans la sclérodermie est perçu par l’examinateur, voire par le malade lui-même lors de la mobilisation des tendons. Il serait présent dans 52 % des cas.
Il était admis jusqu’ici que la cause en était un dépôt de fibrine ou d’une autre matrice extra-cellulaire, dans la gaine tendineuse. Pourtant, pour les tendons d’Achilles, patellaires, ou des extenseurs de doigts, qui n’ont pas de gaine tendineuse, cette théorie ne pouvait être la bonne.

Les auteurs ont donc étudié 55 patients atteints de sclérodermie âgés de 18 à 78 ans (50 ans en moyenne), dont la maladie durait depuis 1 à 39 ans (9 ans en moyenne). Conformément au sex ratio de la sclérodermie, il s’agissait de 50 femmes et de 5 hommes. La sclérodermie était limitée dans 28 cas et diffuse dans les 27 autres. Trente sujets contrôles appariés pour l’âge et le sexe ont été sélectionnés.

Tous les participants ont été évalués cliniquement et en échographie. Les tendons étudiés étaient ceux des doigts, des poignets, des pieds, des chevilles, et le tendon patellaire.
Onze des malades sclérodermiques avaient une ténosynovite clinique et 12 un crissement tendineux (12 poignets, 7 chevilles, 1 tendon patellaire, 1 tendon d’Achille). En échographie ce crissement était associé non pas à une ténosynovite ou à une pathologie de la gaine, mais à un épaississement des retinaculum. Rappelons qu’un retinaculum est un appareil fibreux destiné à maintenir les tendons contre les structures osseuses.

Par exemple, au poignet, l’épaisseur du retinaculum était de 1,5 mm en cas de crissement clinique, contre 0,8 en son absence (p

Au total, il aura fallu attendre le développement de l’exploration de l’appareil locomoteur par l’échographie pour élucider un vieux signe clinique. Reste à savoir à quoi est dû cet épaississement des retinaculum. Il est possible qu’il s’agisse d’une fibrose de ces derniers, liée à la sclérodermie. Remarquons que les témoins choisis étaient indemnes de toute pathologie tendineuse. Il est donc possible que les images échographiques décrites ici se retrouvent dans d’autres pathologies de l’appareil locomoteur.

Cuomo G et coll. : The origin of tendon friction rubs in patients with systemic sclerosis : a sonographic explanation. Arthritis and rheumatism, 2012 ; 64 : 1291-1293

Publié le : 27 avril 2012