Article commenté :
Comparative study of MRI and power Doppler ultrasonography of the heel in patients with spondylarthritis with and without heel pain and in controls
Feydy A, Lavie-Brion MC, Gossec L et coll. Ann. Rheum. Dis. 2012 ; 71 : 498-503

Tirée de la Réunion de Bibliographie en date du 31 mai 2012

Analyse de l’article
Cinquante et un patients (102 talons) qui avaient une spondylarthrite ankylosante et 24 (48 talons) ayant une lombalgie non inflammatoire hospitalisés pour infiltrations, ont eu le même jour une IRM et un échodoppler du talon. Deux radiologues ont fait ces examens en aveugle.
Vingt-cinq SPA (50% d’hommes, âge moyen 45 ans, durée de la maladie 18 ans) n’avaient pas de douleur de talon. Treize (9 hommes, âge moyen 50 ans, durée de la maladie 11 ans) avaient eu une douleur du talon et 13 (10 hommes, âge moyen 43 ans, durée de la maladie 18 ans) avaient au moment de l’examen une douleur du talon.
L’épaississement du tendon d’Achille était plus important chez les contrôles : 5,38mms versus 4,54 chez les SPA. Les SPA avaient plus souvent un œdème osseux inférieur : 22% vs 2%.Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes pour les signes d’entésopathie chronique ou les signes précoces. L’aponévrose plantaire était plus épaisse chez les patients douloureux et il y avait plus souvent un hypersignal (67% contre 24%).
Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes pour les signes échographiques à l’insertion du tendon d’Achille, à la bourse rétro-calcanéenne et à l’aponévrose plantaire. Les anomalies étaient plus fréquentes pour les talons douloureux. La fiabilité inter observateur contrôlée chez 20 patients était élevée.
Ni l’IRM, ni l’échographie ne faisaient la différence entre les SPA et les sujets contrôles. La seule anomalie spécifique de la SPA était l’œdème osseux constaté dans 94% des cas mais cette anomalie était peu spécifique (22%). Les patients SPA douloureux avaient plus souvent des anomalies inflammatoires : 81% à l’IRM et 58% à l’échodoppler alors que les anomalies n’étaient constatées que dans 56% à l’IRM et 17% à l’échodoppler lorsqu’il n’y avait pas de douleur du talon.

Point de vue du service
L’IRM du talon et l’échodoppler montrent souvent des anomalies inflammatoires dans la SPA lorsque le talon est douloureux mais il y a aussi des anomalies comparables chez les contrôles. De ce fait ces examens d’imagerie ne peuvent être utilisés dans un but diagnostique de SPA.

Publié le 06 juin 2012