Les fascias sont encore peu connus, mais peuvent être à l’origine de nombreuses douleurs organiques et musculaires, et parfois attribuées à tort au système musculaire.
La science et la médecine ont longtemps négligé les fascias. Les fascias sont des tissus conjonctifs qui parcourent tout le corps. Ils entourent les os, les muscles, les organes, les vaisseaux sanguins et les nerfs. Leur mécanisme reste encore mystérieux, mais de plus en plus de scientifiques reconnaissent désormais leur rôle, notamment dans la douleur. Les fascias contiennent plus de récepteurs de la douleur que les muscles, sont étroitement liés au système nerveux autonome et envoient en permanence des signaux au cerveau.
Il existe trois couches. Les fascias sous-cutanés sont constitués de fibres élastiques. Ils sont traversés par des vaisseaux lymphatiques, des vaisseaux sanguins, des glandes et des voies nerveuses. La couche profonde, qui contient beaucoup de fibres de collagène, enveloppe les muscles, les os, les articulations et les nerfs. Les fascias conjonctifs maintiennent les organes en place et sont donc moins extensibles que les tissus conjonctifs sous-cutanés. Cette couche enveloppe le cerveau, la moelle épinière, le péricarde et la plèvre, par exemple.
Les fascias sains sont lisses et souples, mais aussi extrêmement sensibles. Le stress, le manque d’exercice, une sollicitation excessive ou une maladie peuvent les endommager. Les fascias pathologiques se caractérisent par une rigidité accrue des tissus, associée à des modifications de l’activité des myofibroblastes et de la matrice extracellulaire. Les fascias épaissis peuvent comprimer les nerfs et donc provoquer des douleurs. Des recherches récentes ont montré un lien entre une plus grande épaisseur des fascias et la flexibilité articulaire chez les patients souffrant de douleurs chroniques.
Les fascias ont tendance à se coller entre eux et peuvent donc être à l’origine de douleurs, qu’il s’agisse d’une tendinite, de douleurs musculaires chroniques ou d’autres symptômes vagues. Des fascias en mauvaise santé peuvent provoquer des déséquilibres dans tout le corps.
Les fascias profonds sont reliés sur toute leur longueur au muscle sous-jacent. Une modification des propriétés mécaniques des fascias peut altérer l’élasticité des muscles. De plus, il a été démontré que les fascias relient morphologiquement les chaînes musculaires d’une articulation. Les fascias peuvent donc avoir une influence directe sur la mobilité des articulations. Les intestins peuvent par exemple provoquer des douleurs dans le dos, voire dans l’épaule. Un durcissement de la plante du pied peut s’étendre jusqu’à la tête via la chaîne postérieure. Il s’agit généralement d’une douleur irradiée, mais un tendon d’Achille douloureux ou un tractus ilio-tibial peuvent également apparaître en raison du durcissement du tissu conjonctif, qui comprime les muscles du mollet.
Douleurs persistantes et détérioration de la qualité de vie
Ce dysfonctionnement serait responsable de la majorité des douleurs dorsales, cervicales et de la tête. Il affecte le bien-être et la qualité de vie, mais son diagnostic reste très difficile, d’autant plus que les symptômes se recoupent et s’accompagnent souvent de maladies chroniques. Les médecins peuvent demander une prise de sang. Au début de la maladie, le nombre d’éosinophiles et la vitesse de sédimentation des érythrocytes peuvent être élevés. La revue PubMed1 a mis en évidence d’autres caractéristiques, telles que des modifications de l’innervation, notamment une augmentation de la densité et de la sensibilisation des fibres nerveuses nociceptives. De plus, des marqueurs de l’inflammation, tels que des cytokines pro inflammatoires et des cellules immunitaires, ont été observés. Une série d’affections courantes a ensuite été rapportée.
Les physiothérapeutes et les kinésithérapeutes peuvent être très utiles, d’autant plus que les médicaments ne peuvent pas faire grand-chose pour soulager la maladie, à part quelques analgésiques et myorelaxants. Ils peuvent localiser les points douloureux et les traiter par des massages et des exercices. Ils peuvent également apprendre au patient à utiliser un rouleau de massage. La thérapie manuelle est généralement très efficace.
L’étude mentionnée ci-dessus a recensé une série d’affections courantes et importantes liées aux lésions fasciales profondes : lombalgie chronique, cervicalgie chronique, maladie de Dupuytren, fasciite plantaire et syndrome de friction du tractus ilio-tibial. Les fascias correspondants sont respectivement le fascia thoraco-lombaire, le fascia cervical, le fascia palmaire, le fascia plantaire et le canal ilio-tibial. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, ces caractéristiques et affections peuvent être le signe d’un fascia pathologique.
Source :
1 The deep fascia and its role in chronic pain and pathological conditions: A review – PubMed
