L’entorse de la cheville est la lésion la plus fréquente de l’appareil locomoteur. Selon la Haute Autorité de Santé, elle représenterait près d’un million de diagnostics par an en médecine de ville en France.
La prévention agit sur les facteurs de risque (FR) extrinsèques : sport à contacts potentiels, changements de direction fréquents et rapides, pratique sur un terrain irrégulier ou glissant, chaussures inadaptées, etc.
D’autres programmes s’adressent aux FR intrinsèques, parmi lesquels un déficit en force musculaire ou en proprioception, l’altération des capacités d’équilibre dynamique et de coordination, un indice de masse corporelle (IMC) élevé ou très bas, ou une précédente entorse de la cheville.
Or, le sexe constituerait lui aussi un FR selon une revue systématique montrant une prévalence plus élevée chez les femmes (1).
Afin d’en savoir plus, une équipe de l’université de Iéna (Allemagne) a conduit une revue systématique avec métanalyse (2). Les bases de données PubMed, Web of Science, Embase et Cochrane Library ont été explorées à la recherche d’études prospectives incluant au moins un FR, différenciant hommes et femmes, et publiées de 2000 à 2021.
Pas les mêmes facteurs de risque chez les femmes
Au total, 6 260 articles sans doublon ont été trouvés, dont 16 ont été retenus pour analyse. La population correspondait à 3 636 athlètes : 735 femmes âgées de 17 à 26 ans, et 2 901 hommes âgés de 10 à 34 ans. La majorité pratiquait à un niveau amateur (57 %), surtout le basket (32 %) chez les femmes et le football (52 %) chez les hommes.
Le taux d’entorse de la cheville était de 11,4 % chez les femmes et 11,5 % chez les hommes, soit une incidence comprise entre 0,75 à 1,74 pour 1 000 heures d’exposition chez les premières et de 0,36 à 2,17 chez les seconds.
Chez les athlètes féminines, un seul FR a été identifié : une force de dorsiflexion concentrique abaissée (différence moyenne standardisée DMS = − 0,48, p = 0,005). Chez les hommes, en revanche, sont apparus : un antécédent d’entorse de la cheville (odds ratio = 2,74, p <0,001), un IMC plus élevé (DMS = 0,50, p < 0,001) ou un poids plus important (DMS = 0,24, p = 0,02), une force d’abduction isométrique de la hanche plus basse (DSM = − 0,52, p < 0,0001) et une capacité d’équilibre dynamique moindre (DMS = − 0,48 à − 0,22, p < 0,001–0,04).
Les auteurs concluent à l’existence de FR différents selon le sexe. Des études devront confirmer ce résultat et surtout l’expliquer.
RÉFÉRENCES
1. Doherty C, Delahunt E, et coll. : The incidence and prevalence of ankle sprain injury: a systematic review and meta-analysis of prospective epidemiological studies. Sports Med. 2014;44(1):123–40.
2. Mason J, Kniewasser C et coll. : Intrinsic Risk Factors for Ankle Sprain Differ Between Male and Female Athletes: A Systematic Review and Meta‑Analysis. Sports Medicine – Open 2022; 8: 139 doi.org/10.1186/s40798-022-00530-y
