Pour prévenir la tendinopathie du tendon d’Achille

 

Bien qu’étant le tendon le plus grand et le plus puissant du corps humain, le tendon d’Achille peut être, tout comme les autres tendons, sujet à des tendinopathies. D’un point de vue clinique, certains distinguent 2 types de tendinite du tendon d’Achille : les tendinites d’insertion et celles du segment médian avec des approches de traitement différentes (1). Cette pathologie est plus fréquemment observée chez des athlètes de haut niveau pratiquant la course, mais il faut toutefois noter qu’un tiers de la population atteinte est sédentaire. Cela laisse supposer, qu’au-delà des facteurs génétiques (en ce qui concerne la formation du collagène et l’homéostasie tendineuse), il existe probablement un large éventail de facteurs de risque cliniques de la TA (tendinite d’Achille). A travers une revue systématique, une équipe néerlandaise a essayé d’étayer les connaissances sur le sujet.

Ont été incluses 10 études de cohorte et 45 études transversales parmi 5 111 publications identifiées. Neuf facteurs de risque ont été mis en évidence (avec cependant des études à risque de biais élevés). On peut citer : (1) un antécédent de tendinopathie ou de fracture antérieure du membre inférieur, (2) l’utilisation d’ofloxacine, (3) un délai plus long entre la transplantation cardiaque et le début du traitement par la quinolone pour le traitement d’une maladie infectieuse, (4) une consommation d’alcool même modérée (définie par 7 à 13 unités/semaine chez l’homme et 4 à 6 unités/semaine chez la femme) (5) l’entraînement par temps froid, (6) la diminution de la force isocinétique du fléchisseur plantaire, (7) un comportement atypique à la marche avec diminution de la propulsion, (8) une bascule latérale plus marquée du pied à la phase d’appui de l’avant-pied, et enfin (9), une clairance de la créatinine < 60 ml/min chez les patients transplantés cardiaques. Vingt-six autres facteurs de risque présumés n’étaient pas associés de manière significative à la TA, notamment le surpoids, la posture statique du pied et le niveau d’activité physique.

En conclusion, plusieurs facteurs de risque cliniques susceptibles d’augmenter le risque de tendinopathie d’Achille ont été relevés, mais dans une sélection d’études fortement biaisées : antécédents de lésion d’un membre inférieur, saison d’entraînement, force musculaire du mollet, paramètres d’analyse de la démarche, consommation modérée d’alcool, traitement aux antibiotiques fluoroquinolones et fonction rénale suboptimale dans une population de greffés du cœur. A l’inverse, l’absence étonnante de lien entre le niveau d’activité physique et la TA pourrait s’expliquer par une difficulté à mesurer avec suffisamment de précision la « surutilisation » ou le « niveau d’activité physique » pour détecter une association, ou qu’un changement soudain de charge soit plus important que la charge absolue actuellement mesurée dans les études.

A suivre….

Anne-Céline Rigaud

RÉFÉRENCES
Van der Vlist AC et coll.: Clinical risk factors for Achilles tendinopathy: a systematic review. British Journal of Sports Medicine. Publication en ligne le 4 février 2019.
(1)De Vos RJ et coll.: Chapter 19: Achilles tendinopathy. The ankle in football. 1 edn. Paris: Springer-Verlag Paris, 2014:213–33.